Aller au contenu


Photo

Le néo-libéralisme


  • Veuillez vous connecter pour répondre
180 réponses à ce sujet

#1 poney

poney

    Gros posteur

  • Habitué
  • 14931 messages
  • Location:Bruxelles
  • Ma référence:Freddie Mercury
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 14:17

Hello chers amis,

Si vous vous demandiez, comme moi, ce que recouvrait le terme "neo-liberalisme", j'ai enfin une définition, j'ai enfin trouvé ce que "ils" entendaient par là.
La définition donc :

Dans cet ouvrage sont exposées, avec force et arguments, des thèses que l’on peut juger à bien des égards pertinentes. L’importance, tout d’abord, qu’il y a à ne pas confondre l’ancien libéralisme et le néolibéralisme (cf. aussi Laval, 2009). Aux antipodes du laisser-faire et de l’état minimal, « l’un des traits les plus marquants du néolibéralisme est […] son constructivisme » (p. 66). Le marché et plus encore la concurrence, puisque c’est elle qui est posée comme première1, ne sont plus conçus comme des ordres naturels qu’il suffirait de respecter. Ils demandent à être institués par l’intervention publique2. Partant de là, il importe de saisir la cohérence d’ensemble du néolibéralisme : plus que le simple plaidoyer en faveur du marché et des privatisations, il est porteur d’une vision d’ensemble, d’un modèle de gouvernementalité3, entendu comme un modèle global de rationalité qui prétend soumettre au principe de la concurrence l’ensemble des sphères d’activités, de l’état (réorganisé sur un mode managérial selon les principes du New Public Management), à la conception même de l’individu (conçu et porté comme entrepreneur de soi)[…]le néolibéralisme promeut uniquement une certaine forme d’intervention publique. D’un point de vue théorique, à l’instar de ce qu’on trouve dans le programme dit néo-keynésien[…]Au départ (de l’analyse) sont les marchés, l’état vient ensuite comme complément nécessaire pour instituer certaines règles ou afin de surmonter certaines imperfections sur les marchés. La mission même qui lui est assignée est de réaliser le programme du marché (baisser le coût du travail avec les aides publiques à l’emploi par exemple), et son fonctionnement doit, de même, relever des règles de la concurrence. Si, avec les keynésiens cette fois, on accepte de considérer que l’intervention publique a, au contraire, une positivité propre, alors l’alternative marché / intervention publique retrouve sa pertinence.


http://regulation.re.../index7722.html

C'est donc, en gros, du Keynesianisme. On a rien a craindre.
''Je crois que la différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de voler ! '' Coluche
"L'étatisme est souvent un naufrage personnel" Rincevent

J'ai accepté de parier un bac et non 5! Oui, je sais, je suis un petit joueur. Mais quand tu auras perdu, tu me remercieras de ne pas avoir fait monter davantage les enchêres

Je n'ai pas parlé de démission. J'ai parié qu'il n'irait pas au bout de son mandat. La nuance est effectivement de taille et mes chances de l'emporter n'en sont que plus importantes .

Rendez-vous fin 2015 pour voir qui aura eu raison


#2 Snarol

Snarol

    Ecrivaillon

  • Utilisateur
  • 161 messages
  • Location:Paris
  • Ma référence:Bastiat, Raymond Aron
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 14:26

Hello chers amis,

Si vous vous demandiez, comme moi, ce que recouvrait le terme "neo-liberalisme", j'ai enfin une définition, j'ai enfin trouvé ce que "ils" entendaient par là.
La définition donc :



http://regulation.re.../index7722.html

C'est donc, en gros, du Keynesianisme. On a rien a craindre.

Ou une forme de conservatisme.
Le problème sémantique est toujours le même : néo-libéralisme, ça fait penser à libéralisme, donc dans l'esprit des gens c'est la même chose. Les profs de ma fac profitent de cet amalgame en utilisant sciemment les deux termes pour désigner le même courant de pensée, espérant (et ils y arrivent) instituer cette liaison dans l'esprit des étudiants.

#3 Alliterator

Alliterator

    Littérateur

  • Utilisateur
  • 1116 messages
  • Ma référence:Eminem, Farage
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 14:31

Je vois pas ce que ça a à voir avec le keynésianisme. E s'il y a bien une définition pertinente du néo-libéralisme c'est celle de l'article : favoriser le plus possible la concurrence pour tendre vers la concurrence pure et parfaite, quitte à intervenir avec l'Etat. Le néo-libéralisme est dans ce cas bien différent du libéralisme tout court mais la définition est cohérente.
"There was one good thing about Marx, he was not a Keynesian." Murray Rothbard.
"Si les marchandises ne traversent pas les frontières, les soldats le feront". Frédéric Bastiat.
" A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche". Pierre Desproges.
"Je vous emmerde avec la liberté d'expression que cet Etat divisé par la gêne m'autorisera d'avoir". Eminem.
"La politique est l'art ce qui se voit ; l'économie est la science de ce qui ne se voit pas." Nicolas Doze.
"Le FN est aux électeurs ce que la voiture brulée est aux voyous : ça sert a rien mais ca défoule…" Gaspard Proust à Florian Philippot.

#4 poney

poney

    Gros posteur

  • Habitué
  • 14931 messages
  • Location:Bruxelles
  • Ma référence:Freddie Mercury
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 14:40

Je vois pas ce que ça a à voir avec le keynésianisme. E s'il y a bien une définition pertinente du néo-libéralisme c'est celle de l'article : favoriser le plus possible la concurrence pour tendre vers la concurrence pure et parfaite, quitte à intervenir avec l'Etat. Le néo-libéralisme est dans ce cas bien différent du libéralisme tout court mais la définition est cohérente.


Faire intervenir l'Etat, c'est quand même plus proche de Maynard que du libéralisme. La définition peut-être cohérente, mais je ne vois toujours pas ce que les mots "neo" et "liberalisme" viennent faire ensemble. Parler du marché ne suffit pas, même le PS croit plus ou moins au marché aujourd'hui, ça ne fait pas du PS des libéraux.
''Je crois que la différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de voler ! '' Coluche
"L'étatisme est souvent un naufrage personnel" Rincevent

J'ai accepté de parier un bac et non 5! Oui, je sais, je suis un petit joueur. Mais quand tu auras perdu, tu me remercieras de ne pas avoir fait monter davantage les enchêres

Je n'ai pas parlé de démission. J'ai parié qu'il n'irait pas au bout de son mandat. La nuance est effectivement de taille et mes chances de l'emporter n'en sont que plus importantes .

Rendez-vous fin 2015 pour voir qui aura eu raison


#5 Anton_K

Anton_K

    Prosateur

  • Utilisateur
  • 2024 messages
  • Location:Paris
  • Ma référence:Hume, Burke, Hoppe
  • Tendance:Minarchiste

Posté 22/01/2012 - 14:54

Il est clair que la plupart des professeurs de fac qui se prononcent sur le sujet, souvent avec véhémence (alors que ceux pour qui c'est clair n'en parlent pas) n'ont qu'une vision très trouble du libéralisme. J'ai récemment entendu assimiler l'utopie du marché néo-libérale avec le libertarianisme, par un professeur qui voulait les opposer à un "libéralisme classique", dans ce cas les libertariens servaient d'hommes de paille à une mise en valeur du pré-libéralisme républicain anglo-hollandais du XVII°, évidemment beaucoup plus gentil, etc etc.

(Edit : pour ce qui est de ma première question, je la supprime, un brin de documentation y a répondu par la négative).

1423839967-randroids.jpg Randroids ? We don't serve their kind here !

 

Nouvelle page musicale.

Ancienne page musicale.

twitter-icon.pnggrammer_nazi.png1421502936-logic-nazi.png

 

« oligarches, monarches, tous des pistaches » - JIM16


#6 Snarol

Snarol

    Ecrivaillon

  • Utilisateur
  • 161 messages
  • Location:Paris
  • Ma référence:Bastiat, Raymond Aron
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 14:58

Faire intervenir l'Etat, c'est quand même plus proche de Maynard que du libéralisme. La définition peut-être cohérente, mais je ne vois toujours pas ce que les mots "neo" et "liberalisme" viennent faire ensemble. Parler du marché ne suffit pas, même le PS croit plus ou moins au marché aujourd'hui, ça ne fait pas du PS des libéraux.

Le PS et la gauche dans son ensemble ne croient pas à la vertu de la concurrence.
Le problème dans tout ça reste quand même que le terme néo-libéralisme est utilisé sous forme péjorative dans la plupart des médias, et englobe généralement à peu près tout et n'importe quoi pour les journalistes. Entre les "néo-libéraux" et les "ultra-libéraux" on a pour eux la cause de tous les maux de la planète.

#7 Cthulhu

Cthulhu

    Sleepy Squid

  • Membre Actif
  • 3240 messages
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 15:01

Vous essayez de donner la définition d'un concept qui n'existe pas. Vous connaissez beaucoup d'hommes politiques qui se disent néo-libéraux ? Le néo-libéralisme, c'est juste un ensemble flou dans lequel la gauche met tout ce qui est plus à droite qu'eux et qui est donc par essence fondamentalement mauvais.
"The best argument against democracy is a five minute conversation with the average voter" Winston Churchill
"The government should not prop up a failed business. That would be like giving food to a mortally wounded animal instead of slitting its throat and properly utilizing its meat and pelt" Ron Swanson
"Every socialist is a disguised dictator" Ludwig von Mises

#8 F. mas

F. mas

    Cheshire Cat

  • Membre Actif
  • 7662 messages
  • Location:On ze web
  • Ma référence:Anthony de Jasay.
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 15:04

Hello chers amis,

Si vous vous demandiez, comme moi, ce que recouvrait le terme "neo-liberalisme", j'ai enfin une définition, j'ai enfin trouvé ce que "ils" entendaient par là.
La définition donc :



http://regulation.re.../index7722.html

C'est donc, en gros, du Keynesianisme. On a rien a craindre.


Dardot et Laval sont deux chercheurs qui se situent dans le courant marxien contemporain. J'ai eu l'occasion de lire le livre cité, "L'homme économique" de Laval tout seul et de voir Dardot en conférence à sciences po. La nouvelle raison est un travail d'histoire des idées remarquable, et défend une thèse à mon avis tout à fait plausible et intelligemment argumentée. La distinction entre libéralisme et néolibéralisme n'est d'ailleurs pas l'apanage de l'ext gauche, certains auteurs conservateurs comme Paul Gottfried ou franchement libertarien, comme par exemple ici : http://mises.org/daily/885 parlent aussi de rupture radicale entre le libéralisme tel qu'il est professé aujourd'hui et ses versions postérieures à la fin 19ème. Ceci étant dit, elle est l'analyse la plus carrée du néolibéralisme que j'ai pu trouvé, et domine largement les autres par sa rigueur et sa connaissance du sujet. Comme quoi, on trouve des bonnes choses même chez les marxistes.

Un exemple "canonique" de néolibéral : la théorie politique de James Buchanan, dans laquelle les arrangements institutionnels dépassent largement ceux de l'état minimal du 19ème, et servent comme autant d'incitations à l'élaboration du marché.
"I would remind you that extremism in the defense of liberty is no vice! And let me remind you also that moderation in the pursuit of justice is no virtue"

Barry Goldwater, visiblement inspiré par Cicéron.

#9 poney

poney

    Gros posteur

  • Habitué
  • 14931 messages
  • Location:Bruxelles
  • Ma référence:Freddie Mercury
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 15:09

J'ai mis cette définition parce que je vais assister à un séminaire de Lordon, donc je m'y prépare. C'est pas tellement que j'essaye de le définir, c'est que j'essaye de comprendre quelle merde il y a dans la tête de ces gens (Lordon ne parle pas de "neo" libéralisme, mais bien de libéralisme tout court). J'ai déjà une argumentation épistémologique prête (aligner 300 pages d'essayisme idéologique ne permet pas de se promener en se disant "anthropologue"), mais pour le reste, je continue à me renseigner.
@F.Mas : j'ai pas lu ce bouquin, mais on en parle régulièrement dans les couloirs de l'EHESS, va falloir que je le fasse. Je vais commencer par lire ton lien, merci. Je pense comme toi qu'on trouve de bonnes choses chez les Marxistes, notamment dans la critique de l'Etat et du capitalisme de copinage, mais il faut trier, beaucoup trier et faire fi de leur novlangue.

Le PS et la gauche dans son ensemble ne croient pas à la vertu de la concurrence.
Le problème dans tout ça reste quand même que le terme néo-libéralisme est utilisé sous forme péjorative dans la plupart des médias, et englobe généralement à peu près tout et n'importe quoi pour les journalistes. Entre les "néo-libéraux" et les "ultra-libéraux" on a pour eux la cause de tous les maux de la planète.

Oui, je suis d'accord, c'est un fourre-tout idéologique pour y mettre tout les maux de la planète, ce que je voulais dire pour le PS, c'est qu'il est loin d'être anti-marché (même si on retrouve du protectionnisme par ci par là, ce n'est pas le PCF ou le NPA), ce que lui reproche d'ailleurs la gauche de la gauche.

Vous essayez de donner la définition d'un concept qui n'existe pas. Vous connaissez beaucoup d'hommes politiques qui se disent néo-libéraux ? Le néo-libéralisme, c'est juste un ensemble flou dans lequel la gauche met tout ce qui est plus à droite qu'eux et qui est donc par essence fondamentalement mauvais.


Bien sur, mais a partir du moment où beaucoups, une majorité de gens aujourd'hui d'ailleurs, en parle, autant savoir de quoi ils parlent.
''Je crois que la différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de voler ! '' Coluche
"L'étatisme est souvent un naufrage personnel" Rincevent

J'ai accepté de parier un bac et non 5! Oui, je sais, je suis un petit joueur. Mais quand tu auras perdu, tu me remercieras de ne pas avoir fait monter davantage les enchêres

Je n'ai pas parlé de démission. J'ai parié qu'il n'irait pas au bout de son mandat. La nuance est effectivement de taille et mes chances de l'emporter n'en sont que plus importantes .

Rendez-vous fin 2015 pour voir qui aura eu raison


#10 Lancelot

Lancelot

    21st century schizoid man

  • Utilisateur
  • 7394 messages
  • Ma référence:Schopenhauer
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 15:09

http://regulation.re.../index7722.html

Revue de la régulation ? Seriously?
Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic.
- Arthur C. Clarke

Any sufficiently analyzed magic is indistinguishable from science!
- Agatha Heterodyne

#11 poney

poney

    Gros posteur

  • Habitué
  • 14931 messages
  • Location:Bruxelles
  • Ma référence:Freddie Mercury
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 15:10

Revue de la régulation ? Seriously?

Indeed. Comme je le disais plus haut, je vais devoir supporter 4h de Lordon, je lis ses papiers depuis deux jours.
''Je crois que la différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de voler ! '' Coluche
"L'étatisme est souvent un naufrage personnel" Rincevent

J'ai accepté de parier un bac et non 5! Oui, je sais, je suis un petit joueur. Mais quand tu auras perdu, tu me remercieras de ne pas avoir fait monter davantage les enchêres

Je n'ai pas parlé de démission. J'ai parié qu'il n'irait pas au bout de son mandat. La nuance est effectivement de taille et mes chances de l'emporter n'en sont que plus importantes .

Rendez-vous fin 2015 pour voir qui aura eu raison


#12 F. mas

F. mas

    Cheshire Cat

  • Membre Actif
  • 7662 messages
  • Location:On ze web
  • Ma référence:Anthony de Jasay.
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 15:13

Il faut trier, et on ne retrouve pas la même rigueur intellectuelle chez les types qui se réclament du bouquin ou qui le porte au pinacle. Je note d'ailleurs au passage que dès les premières lignes du bouquin, il est expliqué que le néolibéralisme n'est pas le libéralisme classique, encore moins le libertarisme, qui sont hors champ d'étude.
"I would remind you that extremism in the defense of liberty is no vice! And let me remind you also that moderation in the pursuit of justice is no virtue"

Barry Goldwater, visiblement inspiré par Cicéron.

#13 Blueglasnost

Blueglasnost

    Ecrivain public

  • Utilisateur
  • 1236 messages
  • Location:Strasbourg
  • Ma référence:Hayek, Bastiat
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 15:20

Vous essayez de donner la définition d'un concept qui n'existe pas. Vous connaissez beaucoup d'hommes politiques qui se disent néo-libéraux ? Le néo-libéralisme, c'est juste un ensemble flou dans lequel la gauche met tout ce qui est plus à droite qu'eux et qui est donc par essence fondamentalement mauvais.


Thatcher a souvent été désignée comme "néolibérale" du fait de ce que l'on appellait "the free economy and the strong state". Le néolibéralisme, c'est en fait une sorte de théorie de la concurrence pure et parfaite à la Walras et pilotée par l'Etat. A ce titre, le "néolibéralisme", c'est plus quelque chose qui se rattache aux néoclassiques, mais cela ne correspond certainement pas à du libéralisme comme nous le connaissons.

"The rise of fascism and naziism was not a reaction against the socialist trends of the proceeding period but a necessary outcome of those tendencies" Friedrich A. Hayek

"The inherent vice of capitalism is the unequal sharing of blessings; the inherent virtue of socialism is the equal sharing of miseries" Sir Winston Churchill

"Christopher Columbus was the first socialist; he did not know where he was going, did not know where he was, and he did it all at taxpayers' expense" Sir Winston Churchill

 

"The more corrupt the state, the more it legislates" Tacitus


#14 poney

poney

    Gros posteur

  • Habitué
  • 14931 messages
  • Location:Bruxelles
  • Ma référence:Freddie Mercury
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 15:22

Il faut trier, et on ne retrouve pas la même rigueur intellectuelle chez les types qui se réclament du bouquin ou qui le porte au pinacle. Je note d'ailleurs au passage que dès les premières lignes du bouquin, il est expliqué que le néolibéralisme n'est pas le libéralisme classique, encore moins le libertarisme, qui sont hors champ d'étude.

Oui, il font peut-être la distinction, mais ça se limite à une phrase, du moins dans l'article ici. Ce que je ne vais pas me gêner de dire à Lordon, c'est qu'il participe à une sorte d'hygienisme intellectuel, au mélange volontairement flou des genres. Ses papiers sont truffés de référence au libéralisme, mais jamais il ne se réfère absolument jamais aux libéraux eux-même (sauf quand ça l'arrange, et encore), seulement aux (néo)marxistes et autres étatistes. Ce n'est même plus un biais idéologique, c'est du matraquage politique.
''Je crois que la différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de voler ! '' Coluche
"L'étatisme est souvent un naufrage personnel" Rincevent

J'ai accepté de parier un bac et non 5! Oui, je sais, je suis un petit joueur. Mais quand tu auras perdu, tu me remercieras de ne pas avoir fait monter davantage les enchêres

Je n'ai pas parlé de démission. J'ai parié qu'il n'irait pas au bout de son mandat. La nuance est effectivement de taille et mes chances de l'emporter n'en sont que plus importantes .

Rendez-vous fin 2015 pour voir qui aura eu raison


#15 F. mas

F. mas

    Cheshire Cat

  • Membre Actif
  • 7662 messages
  • Location:On ze web
  • Ma référence:Anthony de Jasay.
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 15:33

Thatcher a souvent été désignée comme "néolibérale" du fait de ce que l'on appellait "the free economy and the strong state". Le néolibéralisme, c'est en fait une sorte de théorie de la concurrence pure et parfaite à la Walras et pilotée par l'Etat. A ce titre, le "néolibéralisme", c'est plus quelque chose qui se rattache aux néoclassiques, mais cela ne correspond certainement pas à du libéralisme comme nous le connaissons.


C'est un peu ça : la thèse des deux auteurs cités pourrait être résumée par : le néolibéralisme est l'ensemble des discours correspondant à une pratique de gouvernement née à la fin des années 1970. Sa cohérence et son efficacité ne doivent être comprises que par rapport à cette pratique. Dans cette histoire, les différentes théories du libéralisme sont sélectionnées et reformatées pour justifier l'activité de gouverner. On prendra par exemple la théorie de la firme de Coase ou de l'entrepreneuriat de Mises pour "moderniser" le fonctionnement de l'appareil d'Etat et son épine dorsale bureaucratique (qui par l'opération non pas du saint Esprit, mais du langage managérial, deviendra tout à coup super compatible avec les marchés libres).

@Poney : je ne connais pas ce que dit en substance Lordon, mais ce qu'en dit la fiche wiki ne garantit pas en effet le degré de sérieux nécessaire pour juger de l'évolution intellectuelle du libéralisme depuis ses lointaines origines. En d'autres termes, ça sent la grosse arnaque partisane.
"I would remind you that extremism in the defense of liberty is no vice! And let me remind you also that moderation in the pursuit of justice is no virtue"

Barry Goldwater, visiblement inspiré par Cicéron.

#16 Cthulhu

Cthulhu

    Sleepy Squid

  • Membre Actif
  • 3240 messages
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 15:52

Bien sur, mais a partir du moment où beaucoup, une majorité de gens aujourd'hui d'ailleurs, en parle, autant savoir de quoi ils parlent.


Je suis tout à fait d'accord, mais la définition de ce terme varie beaucoup selon les gens et semble être un gros fourre-tout idéologique de privatisations, crony capitalism et dérégulations plus ou moins fictives.
"The best argument against democracy is a five minute conversation with the average voter" Winston Churchill
"The government should not prop up a failed business. That would be like giving food to a mortally wounded animal instead of slitting its throat and properly utilizing its meat and pelt" Ron Swanson
"Every socialist is a disguised dictator" Ludwig von Mises

#17 poney

poney

    Gros posteur

  • Habitué
  • 14931 messages
  • Location:Bruxelles
  • Ma référence:Freddie Mercury
  • Tendance:Libéral classique

Posté 22/01/2012 - 15:53

C'est un peu ça : la thèse des deux auteurs cités pourrait être résumée par : le néolibéralisme est l'ensemble des discours correspondant à une pratique de gouvernement née à la fin des années 1970. Sa cohérence et son efficacité ne doivent être comprises que par rapport à cette pratique. Dans cette histoire, les différentes théories du libéralisme sont sélectionnées et reformatées pour justifier l'activité de gouverner. On prendra par exemple la théorie de la firme de Coase ou de l'entrepreneuriat de Mises pour "moderniser" le fonctionnement de l'appareil d'Etat et son épine dorsale bureaucratique (qui par l'opération non pas du saint Esprit, mais du langage managérial, deviendra tout à coup super compatible avec les marchés libres).

Personnellement, je ne me suis jamais vraiment retrouvé chez Thatcher ou Reagan.

@Poney : je ne connais pas ce que dit en substance Lordon, mais ce qu'en dit la fiche wiki ne garantit pas en effet le degré de sérieux nécessaire pour juger de l'évolution intellectuelle du libéralisme depuis ses lointaines origines. En d'autres termes, ça sent la grosse arnaque partisane.


il a un blog : http://blog.mondedip...mpe-a-phynance-
''Je crois que la différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de voler ! '' Coluche
"L'étatisme est souvent un naufrage personnel" Rincevent

J'ai accepté de parier un bac et non 5! Oui, je sais, je suis un petit joueur. Mais quand tu auras perdu, tu me remercieras de ne pas avoir fait monter davantage les enchêres

Je n'ai pas parlé de démission. J'ai parié qu'il n'irait pas au bout de son mandat. La nuance est effectivement de taille et mes chances de l'emporter n'en sont que plus importantes .

Rendez-vous fin 2015 pour voir qui aura eu raison


#18 Steven Seagal

Steven Seagal

    Gratte-papier

  • Utilisateur
  • 344 messages
  • Ma référence:Th. Hobbes
  • Tendance:Libéral conservateur

Posté 22/01/2012 - 16:42

Je suis tout à fait d'accord, mais la définition de ce terme varie beaucoup selon les gens et semble être un gros fourre-tout idéologique de privatisations, crony capitalism et dérégulations plus ou moins fictives.

Tout à fait. Je vois surtout le terme utilisé de manière vague par certains anti-libéraux qui semblent vouloir conserver plus ou moins les libertés individuelles impliquées par le libéralisme tout en rejetant tout ou partie des libertés économiques. Puisque certains n'osent plus se réclamer marxiste, réactionnaire, luddite, national-socialiste (Godwin!) et j'en passe, attaquer le chimérique néo-libéralisme plutôt que le libéralisme et ses fondations idéologiques donne un ton plus "mesuré" (et hypocrite) à celui qui le professe.
Citations diverses en rapport avec le libéralisme, glanées au fil de mes lectures : https://twitter.com/#!/Gunnlod
Toutes les sociétés capitalistes ne sont certes pas libres, mais aucune société non-capitaliste ne l'est (inspiré de M.Friedman)

#19 Métazét

Métazét

    Free Market Anticapitalist

  • Utilisateur
  • 966 messages
  • Location:Lorraine profonde…
  • Ma référence:Tucker, Thoreau, Carson
  • Tendance:Libéral de gauche

Posté 22/01/2012 - 17:14

C'est cool ça. Maintenant que nous avons la vraie définition du néo-libéralisme, nous aussi on va pouvoir dénoncer les "perversités du système néo-libéral", et ainsi être dans l'vent ;)

Plus sérieusement, j'ai un peu du mal à voir la différence avec l'ordolibéralisme.
Mon blog d'éthique et d'épistémologie : http://metazet.over-blog.com

« Les socialistes aiment tellement les pauvres qu'ils en fabriquent » (Jacques Godfrain)

#20 F. mas

F. mas

    Cheshire Cat

  • Membre Actif
  • 7662 messages
  • Location:On ze web
  • Ma référence:Anthony de Jasay.
  • Tendance:Anarcap

Posté 22/01/2012 - 17:39

C'est cool ça. Maintenant que nous avons la vraie définition du néo-libéralisme, nous aussi on va pouvoir dénoncer les "perversités du système néo-libéral", et ainsi être dans l'vent ;)

Plus sérieusement, j'ai un peu du mal à voir la différence avec l'ordolibéralisme.


Les deux auteurs insistent beaucoup sur les points de convergence entre néo et ordo libéralisme (il y a un chapitre consacré à l'ordo et un autre sur les racines ordo-libérales de l'esprit des institutions de l'Union Européenne).

Indépendamment des modes universitaires et des passions idéologiques, parler de néolibéralisme me paraît tout à fait bienvenu pour distinguer cette espèce particulière de libéralisme -qui, si on prend les critères du libéralisme d'avant la fin 19eme n'en est pas vraiment un- qui internalise l'Etat démocratique pour mieux l'accepter comme une de ses excroissances naturelles. A mon avis, l'idée qui sous-tend à la théorie du néolibéralisme, qui revient à dire qu'il existe une rupture radicale au sein de la tradition philosophique libérale en matière de gouvernabilité liée aux circonstances économique et sociale du 19eme siècle, est fondamentalement vraie. Mais cette rupture a aussi eu lieu au sein de la tradition socialiste. Brrr, je commence à parler comme Michel Foucault. Je vais me laver la bouche.
"I would remind you that extremism in the defense of liberty is no vice! And let me remind you also that moderation in the pursuit of justice is no virtue"

Barry Goldwater, visiblement inspiré par Cicéron.


0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 membre(s), 0 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)