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Tocqueville


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1 réponse à ce sujet

#1 free jazz

free jazz

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Posté 03/01/2013 - 09:51

Tocqueville serait en passe de remplacer Confucius.

 

 

Comment Tocqueville est devenu la lecture de chevet des dirigeants chinois

 

L’édition chinoise de L’Ancien Régime et la Révolution

Grâce aux hauts dirigeants chinois, « L’Ancien Régime et la Révolution » de l’historien français Alexis de Tocqueville, un ouvrage classique du XIXe siècle sur la Révolution française, est devenu un best-seller en Chine.
 
Selon des confidences dans la presse, Wang Qishan, nouveau membre du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois, en charge de la lutte contre la corruption, a fortement recommandé ce livre. Résultat : il est maintenant épuisé dans bon nombre de librairies de Pékin.
 
Chong Ming, professeur d’histoire spécialiste d’Alexis de Tocqueville, en donne une explication :


« De nombreux fonctionnaires le lisent pour faire comme leurs chefs. En Chine, les cadres ont beaucoup d’influence sur la culture politique. »
 
Pourquoi les dirigeants chinois conseillent-ils ce classique sur la Révolution ? Les universitaires ont lancé un débat animé sur les médias sociaux et la blogosphère.
 
« Les grandes révolutions qui ont marqué l’histoire »
 
Une recherche sur « l’Ancien Régime et la Révolution » sur le réseau social chinois Weibo donne 235 416 résultats, émaillés de citations du livre :


« La démocratie élargit la sphère de la liberté individuelle, le socialisme la restreint. La démocratie donne de la valeur à chaque être humain, le socialisme fait de chaque homme un simple agent, un numéro. La démocratie et le socialisme n’ont rien de commun si ce n’est un mot : égalité. Mais remarquez la différence : alors que la démocratie recherche l’égalité par la liberté, le socialisme recherche l’égalité par la contrainte et la servitude.
 

Les grandes révolutions qui ont marqué l’histoire, comme les révolutions sanglantes, ne se sont pas déroulées pendant des périodes de pauvreté. Elles ont eu lieu quand les situations économiques ont conduit à se polariser sur la société. Car de telles périodes favorisent le conflit entre les classes sociales. Il est facile pour les classes sociales du bas de l’échelle de transformer leur sentiment de colère en sentiment guerrier. »
 
Certains universitaires chinois pensent que le climat social à l’époque de la Révolution française est très semblable à celui de la Chine d’aujourd’hui.
 
Chong Ming fait remarquer :


« Comme à cette époque-là en France, la Chine a traversé un certain nombre de guerres et de révolutions, et vit actuellement une période de transition avec un pouvoir centralisé et une économie en pleine expansion.
 
C’est peut-être pour cette raison que le livre a touché les hauts fonctionnaires chinois.
 
Je ne pense pas qu’ils le recommandent pour exprimer leurs opinions contre la réforme, car s’ils pensaient que ce livre est un avertissement sur les dangers de la réforme ils le censureraient. Il est plus vraisemblable qu’ils essaient de faire comprendre aux gens la nécessité d’une réforme : il ne faut pas la repousser, sinon nous allons nous mettre en danger.
 
En d’autres termes, la réforme est le meilleur moyen d’éviter une révolution. »
 
« Si l’on retire le mot “France”, c’est une copie conforme de la société chinoise »
 
Un internaute va dans le même sens sur Weibo, le « Twitter chinois » :


« Dans le livre “l’Ancien Régime et la Révolution”, la description des conflits sociaux en France avant la révolution et son développement ressemble beaucoup à la Chine d’aujourd’hui.
 
Si l’on retire le mot “France”, c’est une copie conforme de la société chinoise.
 
A cause de l’amélioration matérielle des conditions de vie et de l’augmentation des richesses, la somme d’ignorance, d’arrogance, de cupidité, de dissolution, d’impudeur et de décadence est même beaucoup plus importante que ce qui régnait en France avant la révolution. »
 
Quelques universitaires pensent que le livre annonce la Chine contemporaine.
 
Le professeur Chu Jianguo de l’Université de Wu Han University commente :


« Tocqueville interroge : pourquoi les peuples perdent-ils en liberté après une révolution censée leur faire gagner la liberté ? Le livre nous rappelle les dangers d’un pouvoir centralisé, et nous rappelle aussi que la corruption mène à l’échec. »
 
Le chroniqueur Cao Yun écrit :


« Est-ce parce que les hauts fonctionnaires prévoient qu’un événement aussi important que la Révolution française peut éclater à tout moment en Chine ?

L’utilisation du livre serait un avertissement à toute la société ? Le livre de Tocqueville “l’Ancien Régime et la Révolution” sert peut-être de miroir ?

Quand bien même, l’intention n’est pas mauvaise, car cela voudrait dire que nos dirigeants ont les idées claires et ne se font pas d’illusion sur les prétendues “dix années d’or” de la dernière décennie. »
 
Réforme ou révolution ?

Le chroniqueur Chen Hu explique :


« D’une part, c’est un avertissement pour les hauts fonctionnaires à tous les niveaux : si l’on ne prend pas conscience de la crise, une “révolution chinoise” peut avoir lieu.
 
Le seul moyen de l’empêcher est de promouvoir une réforme pour une économie de marché et un Etat de droit.
 
D’autre part, c’est un avertissement pour toute la société : la poursuite de la démocratie et de la liberté ne peut pas se faire en un jour. On retrouve la dictature jacobine de la “démocratie radicale du peuple” de l’après révolution française dans la “révolution culturelle” chinoise.
 
La démocratie en Chine se mettra en place pas à pas sous le contrôle du Parti Communiste Chinois. »
 
Un autre chroniqueur Nan Manzi conclut :


« Il vaut mieux regarder ce qu’ils font qu’écouter ce qu’ils disent en essayant de deviner ce qu’il y a derrière. »

 

http://www.rue89.com...-chinois-238211


« Abstract liberty, like other mere abstractions, is not to be found. » (Edmund Burke)

« Encore un siècle de journalisme, et tous les mots pueront. »

«Il semble que la démocratisation de l’Europe soit un anneau dans la chaîne de ces énormes mesures prophylactiques qui sont l’idée des temps nouveaux et nous séparent du moyen âge.» (Big moustache)

« Il faut estimer comme un bien le moindre mal. » (Machiavel, Le Prince)

« Je dis que rien n’est universel, sauf à abuser de ce vocable en disant que le peuple est un universel parce qu’il n’est pas un mais nombreux, ce qui serait puéril. » (Guillaume d'Ockham)


#2 Apollon

Apollon

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Posté 03/01/2013 - 21:26

En même temps, je ne crois pas que Confucius était le livre de chevet des élites postcommunistes chinoises.


Pour les hommes politiques en revanche, on les croit plus occupés à tendre aux hommes des pièges qu'à les diriger pour le mieux, et on les juge rusés plutôt que sages. L'expérience en effet leur a enseigné qu'il y aura des vices aussi longtemps qu'il y aura des hommes ; ils s'appliquent donc à prévenir la malice humaine, et cela par des moyens dont une longue expérience a fait connaître l'efficacité, et que des hommes mus par la crainte plutôt que guidés par la raison ont coutume d'appliquer ; agissant en cela d'une façon qui paraît contraire à la religion, surtout aux théologiens. (Spinoza)

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