Un "effet de mode", ça n'existe pas, aucun critique n'a de pouvoir économique, ce qui donne un pouvoir économique a un "effet de mode" ou un critique, c'est que des vrais clients le suivent, autrement dit, si les producteurs s'adaptent, c'est bien à une demande des clients, le marché remplis donc son rôle.
Dans la réalité du vin, les "modes", la plupart des producteurs s'en tapent pas mal, ils s'adaptent certes a l'évolution des goûts et de la consommation, mais avec lenteur et diversité, le vin (la bière aussi d'ailleurs) est l'exemple typique d'un produit ou le marché mène à une diversité massive pour des milliers de niches.
Je pense que tu te trompes. L'effet de mode, comme le biais de conformité, est un fait social ayant une plus ou moins grande ampleur selon le sujet traité. De même, les producteurs n'ignorent pas ces modes, surtout pour les Grands Crus. Le documentaire est éclairant à ce niveau-là.
Je suis par contre d'accord sur le fait que le marché rempli son rôle en répondant à la demande des clients. Mais, ce que je dis, c'est que cette demande serait faussée par l'avis du critique. En gros, les producteurs vont s'adapter à la demande du critique et, heureusement, vont pouvoir satisfaire des demandes correspondant à celle, initiale, du critique. Mais cela ne créera-t-il pas un engouement ? Une bulle autour de l'offre, faisant montrer le prix artificiellement ?
En prenant un autre exemple: en allant dans un bar avec un ami, tu ne sais quel vin (bière) choisir car soit tu n'en connais pas le goût, soit tu le (la) connais mais ne sais simplement pas te décider lequel (laquelle) choisir. Et ton ami de te conseiller un (une) en particulier. Si tu fais le choix selon le conseil de ton ami, celui-ci répond-il réellement à ta demande ? En d'autres termes, dans un marché supposé libre, une influence permet-elle de laisser le marché tout à fait libre ? Car il faut bien penser que selon le choix fait, le résultat ne sera évidemment pas le même pour l'offreur.
Questions : pourquoi ce critique oenophile est réputé ?
N'y-a-t-il pas de concurrence, faisant en sorte qu'un critique puisse avoir un avis différent ?
Le producteur est-il obligé de convaincre cet oenophile ?
Une régulation gouvernementale permettrait de faire mieux ?
Je ne sais pas exactement, mais j'imagine que sa réputation a démarré sur sa capacité à trouver des produits sachant satisfaire un grand nombre. Si j'étais vicieux, je dirai plutôt sa capacité à mettre en avant certains Crus plutôt que d'autres.
Il y a sûrement de la concurrence mais je ne la connais pas. Je ne suis pas expert dans le sujet. Je réagis seulement suite à la vision de ce film.
Le producteur n'est pas obligé de convaincre l'œnophile, évidemment. C'est d'ailleurs questionné dans le documentaire. Mais si le producteur satisfait l'œnophile, c'est tout une niche qui s'ouvre à lui; voire même, il pourra agrandir son panel de clients.
Je ne dis pas qu'une régulation gouvernementale permettrait de faire mieux. Je questionne l'idée d'un marché dit libre. Car finalement, le marché serait libre, mais libre de quoi ? de qui ?
Je n'ai pas vu le film, c'est un documentaire ? C'est fiable ou de la fiction comme la plupart d'entre eux ?
Oui, c'est un documentaire de 2001. Ça ne me semble pas être pure fiction et le regard du réalisateur me semble en retrait. Je m'attendais à un film anti-capitaliste, vu que cela concerne énormément de familles riches et que beaucoup d'argent est en jeu; mais non, le film ne s'emporte pas là-dedans. Au contraire, les enjeux financiers sont acceptés et sont simplement mis à jour. En fait, le réalisateur veut surtout mettre en avant qu'il y a anguille sous roche dans le monde des grands vignobles. De même, il n'hésite pas à montrer leur contradiction à ces personnes. (Par exemple, un vigneron ne voulant pas céder ses terres à une entreprise américaine pour des raisons "éthiques" en rapport au terroir français mais qui accepte l'achat par l'entreprise de Gérard Depardieu car c'est différent... - voir le sketch du bon et du mauvais chasseur des Inconnus.)
Les distortions s'observent par les collusions entre l'appareil étatique et des producteurs. Et ce documentaire montre une hypothétique collusion entre un critique renommé et des producteurs. Je me suis simplement demandé en quoi un marché pouvait rester libre si la collusion est avérée entre n'importe quel acteur.