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Accumulation Du Capital


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33 réponses à ce sujet

#1 Monsieur Y

Monsieur Y

    Analphabète

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Posté 28/12/2012 - 16:48

Bonjour,

 

Si je viens à vous aujourd'hui, c'est parce que je me pose des questions. Et celle de ce sujet est né d'un débat que j'ai avec un marxiste (Bon, après, nous ne sommes pas chacun bloqué dans notre dogme, il n'est pas 100% marxiste, et je ne suis pas 100% libertarien).

 

Nous avons réussi à nous mettre d'accord sur certains points. Par exemple, dans l'économie, nous sommes d'accord pour dire qu'il y a trois rôles :

  • L'entrepreneur : C'est celui qui a des idées, des solutions de gestion, qui s'informe via des indicateurs qu'il choisi dans le but de monter une entreprise pour réaliser du profit. Pour mener a bien cette entreprise, il a besoin des deux rôles suivant :
  • L'investisseur : C'est celui qui possède des capitaux (terrain, bâtiment, machines ...) qu'il prête avec intérêt.
  • Le travailleur : C'est celui qui propose sa force de travail contre une rémunération.

Dans le cas de la relation investisseur-employeur-salarié, nous pouvons donc dire que si l'entreprise réalise un profit, celui-ci se partage entre les revenu du capital, et les revenus du travail.

Le travailleur travaille pour consommer et accumuler du capital.

L'investisseur consomme une fraction de son capital mais en accumule aussi vite qu'il en a, avec le risque de perdre sa mise initiale.

 

Le marxiste me fait donc la remarque qu'il y a deux classes :

  • celle des rentiers à vie dû à leur revenu du capital qui surpasse leur consommation et qui a peu de chance de s'écrouler
  • celle des travailleurs coincé avec leur revenu du travail, même si ces derniers accumulent également du capital

Ma question est donc de savoir s'il a raison de dire que dans une société libre (société voulue par les libéraux/libertariens), il y aurait des rentiers à vie d'un coté, et des travailleurs de l'autre. Il est impossible d'avoir une société composée que de rentiers ! Si ?

Les travailleurs, accumulant du capital et faisant concurrence, pousseraient les revenu du capital à la baisse ?

La balance entre revenu du capital et revenu du travail s’équilibrerait ?

 

Bien entendu, cette interrogation ne repose que sur le côté utilitariste d'une société libre, qui amènerait à dire qu'elle en devient injuste dû à la séparation entre ces deux classes (si elles existent).

 

Sur le côté déontologie, il n'y a pas d'agression, le salarié ne peut que se blâmer de participer à l'enrichissement des investisseurs.

 

C'est pourquoi, dans ma conclusion actuelle, je l'invite lui-même et ses amis à monter une communauté marxiste en autarcie qui serait libre de ne pas se faire “exploiter” (c'est-à-dire de ne pas se faire payer relativement assez) ! Mais il continue de trouver cela injuste puisque les autres salariés s'enrichiront plus vite qu'eux, même si ceux-là enrichissent également les "méchants exploiteurs" qu'ils veulent donc exproprier ...

 

Pouvez-vous m'éclairez ?

 

 

PS : Je n'ai pas trouvé de débat en discutant déjà sur ce forum et j'espère que je ne me suis pas trompé de rubrique !



#2 Rincevent

Rincevent

    Encyclopédie humaine

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Posté 28/12/2012 - 16:59

Le marxiste me fait donc la remarque qu'il y a deux classes :

  • celle des rentiers à vie dû à leur revenu du capital qui surpasse leur consommation et qui a peu de chance de s'écrouler
  • celle des travailleurs coincé avec leur revenu du travail, même si ces derniers accumulent également du capital
Ma question est donc de savoir s'il a raison de dire que dans une société libre (société voulue par les libéraux/libertariens), il y aurait des rentiers à vie d'un coté, et des travailleurs de l'autre. Il est impossible d'avoir une société composée que de rentiers ! Si ?
Les travailleurs, accumulant du capital et faisant concurrence, pousseraient les revenu du capital à la baisse ?
La balance entre revenu du capital et revenu du travail s’équilibrerait ?



Erreur monumentale. Les rôles ne sont jamais fixes : le rentier peut aussi avoir un travail salarié parce qu'il faut bien s'occuper, et le travailleur indépendant qui s'emploie lui-même peut aussi être classé comme rentier-exploiteur. De plus, un rentier peut très bien être ruiné parce qu'il a prêté du capital à une entreprise qui a fait faillite et devoir retrouver un emploi, et le travailleur devenir rentier parce qu'il a prudemment épargné au cours de sa vie.

Et surtout, dans une société fluide, le rentier est souvent un ancien travailleur : ça s'appelle un retraité.

Accessoirement, le raisonnement en termes de classes sociales essentialisées, ça ne marche pas, parce qu'il n'y a d'action humaine qu'individuelle, et que confondre l'idéal-type avec la réalité, c'est s'assurer un plantage dans de grandes largeurs.

Mais il continue de trouver cela injuste puisque les autres salariés s'enrichiront plus vite qu'eux, même si ceux-là enrichissent également les "méchants exploiteurs" qu'ils veulent donc exproprier ...


Quand deux personnes s'enrichissent sans voler personne et que j'ai été trop bête pour m'enrichir avec eux, ce n'est pas de l'injustice, c'est l'expression de l'envie.

Malgré une littérature aussi abondante que fervente sur la "distribution des revenus", le fait est que la plupart des revenus ne sont pas distribués, mais gagnés. (Sowell) - La politesse se doit, la confiance s'accorde, mais le respect se mérite. - The meaning of peace is the absence of opposition to socialism. (Marx) - Social is a weasel word which has acquired the power to empty the nouns it qualifies of their meaning. (Hayek) - Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir. (Tocqueville) - Dans tout ce qu'on nomme les excès de la liberté, je ne reconnais que l'éducation de la servitude. (Benjamin Constant)

Le monde repose sur le savoir, le travail et la libéralité ; il se maintient par la vérité, la justice et la coopération. (Adapté de I, 2 et 18) - Que les hommes d'Etat soient calmes, car, sans cela, les hommes s'entre-dévoreraient. (Adapté de III, 2) - Celui qui dirige mal son peuple ne pourra jamais expier son crime. (Adapté de V, 21) - Le vrai héros est celui qui sait faire d'un ennemi un ami. (A de R N, 23)

Comme bien d'autres libéraux, je suis passé de "L'individualisme, c'est cool" à "Le marché libre, ça marche", puis à "L'Etat qui planifie, c'est dangereux". (Robert Bradley, Jr)


#3 Cthulhu

Cthulhu

    Sleepy Squid

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Posté 28/12/2012 - 17:11

Nous avons réussi à nous mettre d'accord sur certains points. Par exemple, dans l'économie, nous sommes d'accord pour dire qu'il y a trois rôles :

 

Cela me semble correct, mais il faut bien comprendre qu'une personne peut remplir plusieurs rôles à la fois (même les 3 en même temps).

 

Le marxiste me fait donc la remarque qu'il y a deux classes :
  • celle des rentiers à vie dû à leur revenu du capital qui surpasse leur consommation et qui a peu de chance de s'écrouler
  • celle des travailleurs coincé avec leur revenu du travail, même si ces derniers accumulent également du capital

 

Les revenus du capital ne sont pas forcément assurés, tu peux investir de l'argent dans une boite qui va faire faillite. Du coup, cette classe de rentiers à vie me semble concerner très peu de personnes.

 

Et s'il s'agit d'investisseurs faisant des choix leur rapportant des bénéfices, leur rôle est utile puisqu'ils permettent à des industries apportant des biens valorisés par les consommateurs à se développer. En bref, ils ont réussi à voir que ce marché était sous-valorisé par rapport à sa valeur potentielle et ont investi dedans à raison. Par la suite, d'autres investisseurs mettront également de l'argent dedans et les bénéfices du capital (i.e. le taux d'intérêt) va baisser mécaniquement.

 

 

C'est pourquoi, dans ma conclusion actuelle, je l'invite lui-même et ses amis à monter une communauté marxiste en autarcie qui serait libre de ne pas se faire “exploiter” (c'est-à-dire de ne pas se faire payer relativement assez) ! Mais il continue de trouver cela injuste puisque les autres salariés s'enrichiront plus vite qu'eux, même si ceux-là enrichissent également les "méchants exploiteurs" qu'ils veulent donc exproprier ...

 

C'est assez amusant cette lucidité des marxistes à se rendre compte qu'ils deviendront moins riches avec leur modèle plutôt qu'en restant dans un système moins socialiste.


"The best argument against democracy is a five minute conversation with the average voter" Winston Churchill
"The government should not prop up a failed business. That would be like giving food to a mortally wounded animal instead of slitting its throat and properly utilizing its meat and pelt" Ron Swanson
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#4 Monsieur Y

Monsieur Y

    Analphabète

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Posté 28/12/2012 - 17:15

Oui, on est d'accord là dessus aussi : Ce sont des rôles, un auto-entrepreneur peut porter les trois rôles en même temps par exemple (sauf si il a un prêt, dans ce cas là la banque porte également le rôle d'investisseur aussi par exemple).

 

Parcontre, un rentier peut s'assurer contre le malheur de tout perdre, non ? Ce qui diminue la possibilité pour lui ou sa descendance de redevenir un travailleur.

 

Mais je vois : le problème est qu'il généralise la ligne de vie de chaque individu à un ensemble d'individu qui persiste à travers l'héritage.

J'avais cru comprendre par exemple qu'une fois une fortune mise en place, il suffit d'attendre 4 générations pour voir ces petit-petit-fils tout dilapider !



#5 docludo

docludo

    Ecrivaillon

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Posté 28/12/2012 - 17:17

d'accord avec Rincevent, à vrai dire je cherchais à formuler une réponse semblable, mais je n'ai pas son érudition. je voudrais ajouter également que ce qui me gêne profondement dans le discourt "lutte des classes", c'est que la classe laborieuse serait exploitée, alors que pour ma part il incombe à chacun de changer sa condition si cette dernière ne lui convient pas. La liberté implique la responsabilité.



#6 PJE

PJE

    Clerc

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Posté 28/12/2012 - 17:17

 

 

Parcontre, un rentier peut s'assurer contre le malheur de tout perdre, non ? Ce qui diminue la possibilité pour lui de redevenir un travailleur.

 

 

Un actif sans risque c'est comme un monde sans risque ça n'existe pas.



#7 docludo

docludo

    Ecrivaillon

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Posté 28/12/2012 - 17:20

Parcontre, un rentier peut s'assurer contre le malheur de tout perdre, non ? Ce qui diminue la possibilité pour lui ou sa descendance de redevenir un travailleur.

 

non, soit il fait des placements sûr qui ne rapportent pas grand chose, soit des placements qui sont suceptible de rapporté mais risqué.



#8 xara

xara

    Dr. Grump

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Posté 28/12/2012 - 17:50

Il y a beaucoup de choses et beaucoup de problèmes dans votre post, Y.

Une chose déjà qui dénote un problème de cohérence interne. Relisez vous ici:
 

 

Le travailleur travaille pour consommer et accumuler du capital.

L'investisseur consomme une fraction de son capital mais en accumule aussi vite qu'il en a, avec le risque de perdre sa mise initiale.

 

Le marxiste me fait donc la remarque qu'il y a deux classes :

  • celle des rentiers à vie dû à leur revenu du capital qui surpasse leur consommation et qui a peu de chance de s'écrouler
  • celle des travailleurs coincé avec leur revenu du travail, même si ces derniers accumulent également du capital

 

 


Remember: occasionally, it may be an interesting question to ask why a man says what he says; but whatever the answer, it does not tell us anything about whether what he says is true or false. - Joseph Schumpeter

Just as the two basic and mutually exclusive inter-relations between men are peaceful co-operation or coercive exploitation, production or predation, so the history of mankind, – particularly its economic history, may be considered as a contest between these two principles. On the one hand, there is creative productivity, peaceful exchange and cooperation; on the other, coercive dictation and predation over those social relations. - Murray Rothbard

The trouble with quotes on the internet is that it’s difficult to discern whether or not they are genuine. ― Abraham Lincoln


#9 neuneu2k

neuneu2k

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Posté 28/12/2012 - 17:57

Parcontre, un rentier peut s'assurer contre le malheur de tout perdre, non ? Ce qui diminue la possibilité pour lui ou sa descendance de redevenir un travailleur.

 

Non, ça ne marche pas comme ça, avec "suffisamment" de pognon, on peut tenir longtemps a cramer du capital, mais pas indéfiniment, et le "rentier" qui fait ça pratique lui meme une politique  distributive :D

 

Une rente, c'est quand on ne tape pas dans le capital (ajusté par l'inflation), donc c'est quand le capital rapporte plus que l'inflation, donc quand il est sur des actifs "risqués" (c'est une vision simplifiée, même en dessous de l'inflation, le risque existe...)

 

 


It strikes me too that since Modal libertarianism is lifelong adolescent rebellion against one's parents, one's neighbors, and the bourgeoisie generally, that this revolt against good manners, and its displacement into bleating about the "philosophy of tolerance," is characteristic Modal behavior. The Modal rebels against what used to be standard parental teaching about manners, and challenges such teachings with pseudo-profound blatherings about tolerance, metaphysics, and the theory of knowledge. - Murray Rothbard

J’affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j’étais jeune moi-même.

The few conservatives still able to hold up one end of a Socratic dialogue are those in the ostracized libertarian wing. - Neal Stephenson

Si la confiture ne gagne pas je m'immole par le feu. Nick De Cusa

Le tiers-monde va sortir de la misère plus vite qu'on ne croit, et c'est tant mieux. Ca fera des endroits où se barrer. Jabial le Dur

La circoncision n'est une mutilation que dans l'alter-réalité des membres du culte du prépuce. Jabial le Coupé

Parfois il faut être ferme, c'est notre Seigneur qui a dit à Saint Pierre "Vade retro satanas" et non pas "kikoulol trop chou le Simon à son Jésus". Kimon

Munch lisait lib.org quand il a décidé de peindre. Saucer

There's no sense in being precise when you don't even know what you're talking about. John von Neumann

#10 Snow

Snow

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Posté 28/12/2012 - 19:33

Trois choses.

 

Le rentier peut très bien devenir travailleur en cas de faillite ou d'accident, et travailleur peut très bien devenir rentier.

 

L’inégalité économique, même creusée, n'est pas le problème, c'est la solution.

 

Il n'existe pas de salaire décent en soi. Un travailleur n'étant pas satisfait de son emploi est toujours libre d'en changer (et qu'on ne me dise pas qu'il n'en trouvera pas, l'excès de chômage de nos société est entièrement dû à la réglementation).


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#11 Monsieur Y

Monsieur Y

    Analphabète

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Posté 28/12/2012 - 19:54

Je suis d'accord avec ce que vous dites.

 

Mais du coup, il n'y a que l'argument de la faillite possible qui expliquerais qu'il ne peut y avoir de lignées de rentiers ?

 

Y-a-t-il des hypothèses par exemple sur la répartition du profit entre revenu du capital et revenu du travail dans une société libre ?



#12 Rocou

Rocou

    Erudit

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Posté 28/12/2012 - 21:01

Je suis surpris que personne n'ait ajouté l'évidence suivante:
Il ne peut pas avoir que des rentiers en raison de la loi de l'offre et de la demande: S'il y a trop de capitaux sur le marché, leur rémunération baisse. Cette baisse entraîne une diminution de l'offre de capitaux et une augmentation de l'offre de travail. Et vice versa.

"Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de façon égale et tenter de les rendre égaux. Si le premier est la condition d'une société libre, le second n'est qu'une forme de servitude."
Friedrich Hayek.

www.3dprint4ever.fr Wouah, trop rigolo.

www.jimprimeen3d.fr  Des amis.
http://www.gliconseils.com Le Document Unique en Gironde


#13 xara

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Posté 28/12/2012 - 21:07

Qu'est-ce que c'est un "rentier" déjà dans votre terminologie? Quelqu'un qui a prêté de l'argent je suppose?

On se demande bien pourquoi si le "revenu du capital" est plus ou moins garanti ad vitam eternam, tous ces travailleurs qui sont aussi capitalistes en plaçant leur épargne ont quelque raison de s'inquiéter du rendement de leur placement...

En vérité la classification d'entrepreneur vs investisseur (ou capitaliste) vous induit en erreur de même que le discours en terme de répartition entre catégories de revenu (travail vs capital) car le passage du temps et l'incertitude sortent du tableau. Donc on ne voit pas que le capitaliste (qu'il prête ou investisse directement) avance de l'argent dans l'incertitude du résultat futur. Par conséquent, le revenu de la production n'est pas un pactole à partager. Le "profit" au sens comptable que touche l'investisseur est un résidu. Le travailleur a déjà été payé avant que le produit ne soit vendu. Le revenu obtenu à la vente du produit peut être plus ou moins important, l'investissement peut avoir aux yeux de son auteur été rentable ou non. Ce "profit" pourrait bien en fait être une perte. Bref, tout capitaliste (qui avance des ressources pour la production) est en même temps un entrepreneur (au sens de personne prenant en charge la fonction de supporter l'incertitude). C'est vrai même du "rentier" qui investit en prêtant (revenu contractuel avec les emprunteurs qui supportent alors plus l'incertitude qu'autrement), car il n'y a pas de garantie absolue que le contrat soit respecté ou renouvelé à l'avenir d'une part, et que les prix des obligations en question restent stables ou augmentent d'autre part.

Ce que le capitaliste-entrepreneur offre au travailleur, c'est le service de lui épargner l'attente pour obtenir le revenu (échange biens présents vs biens futurs) et de supporter le poids de l'incertitude sur la survenance de ce revenu et sa taille). On ne peut pas concevoir un intérêt mutuel à de telles relations si on fait abstraction du temps et de l'incertitude. Et même en supposant que les travailleurs n'aient généralement rien à y gagner, alors rien ne les empêche dans une société libre de s'associer en coopératives (c'est-à-dire de cumuler les fonctions de travailleurs et capitalistes-entrepreneurs). Des capitalistes ou "rentiers" séparés ne peuvent subsister si les travailleurs trouvent plus avantageux de refuser de s'y associer. Dans la réalité, tant qu'il ya des différences d'aptitude et de préférence vis à vis de l'incertitude et du temps, il y aura des spécialisations fonctionnelles entre capitalistes et salariés.

Comment se fait il selon votre ami que les travailleurs en coopérative voient les salariés s'enrichir plus vite qu'eux? Ca colle mal avec l'idée du salarié exploité...


Remember: occasionally, it may be an interesting question to ask why a man says what he says; but whatever the answer, it does not tell us anything about whether what he says is true or false. - Joseph Schumpeter

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#14 Snow

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Posté 28/12/2012 - 21:09

Je suis d'accord avec ce que vous dites.

 

Mais du coup, il n'y a que l'argument de la faillite possible qui expliquerais qu'il ne peut y avoir de lignées de rentiers ?

 

Y-a-t-il des hypothèses par exemple sur la répartition du profit entre revenu du capital et revenu du travail dans une société libre ?

 

Tu prend un gars qui bosse dans une entreprise, il achète des actions et hop, revenu du capital.

Sinon, il y a aussi la charité. 


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#15 Rincevent

Rincevent

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Posté 28/12/2012 - 21:15

Mais du coup, il n'y a que l'argument de la faillite possible qui expliquerais qu'il ne peut y avoir de lignées de rentiers ?

C'est déjà pas mal. Le futur est imprévisible, et plus le temps passe, plus les chances sont grandes qu'un héritier dilapide tout. C'est à rapprocher de la loi du zéro-un de Kolmogorov, si tu t'y connais assez en maths pour lui en foutre plein les mirettes. ;)

Malgré une littérature aussi abondante que fervente sur la "distribution des revenus", le fait est que la plupart des revenus ne sont pas distribués, mais gagnés. (Sowell) - La politesse se doit, la confiance s'accorde, mais le respect se mérite. - The meaning of peace is the absence of opposition to socialism. (Marx) - Social is a weasel word which has acquired the power to empty the nouns it qualifies of their meaning. (Hayek) - Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir. (Tocqueville) - Dans tout ce qu'on nomme les excès de la liberté, je ne reconnais que l'éducation de la servitude. (Benjamin Constant)

Le monde repose sur le savoir, le travail et la libéralité ; il se maintient par la vérité, la justice et la coopération. (Adapté de I, 2 et 18) - Que les hommes d'Etat soient calmes, car, sans cela, les hommes s'entre-dévoreraient. (Adapté de III, 2) - Celui qui dirige mal son peuple ne pourra jamais expier son crime. (Adapté de V, 21) - Le vrai héros est celui qui sait faire d'un ennemi un ami. (A de R N, 23)

Comme bien d'autres libéraux, je suis passé de "L'individualisme, c'est cool" à "Le marché libre, ça marche", puis à "L'Etat qui planifie, c'est dangereux". (Robert Bradley, Jr)


#16 xara

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Posté 28/12/2012 - 21:20

Y-a-t-il des hypothèses par exemple sur la répartition du profit entre revenu du capital et revenu du travail dans une société libre ?

 

Il y a diverses théories des prix du travail, du sol, de l'intérêt et des profits et pertes. De brefs échanges sur un forum ne seront jamais des substituts à la lecture d'ouvrages de théorie économique. Mais vue la teneur de vos propos, il faudrait déjà écarter certaines confusions sur des choses plus générales, en commençant par le plus basique. Je recommande, y compris à votre ami, d'aller voir ici. C'est facile à lire, ciblé comme de l'introductif.


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Just as the two basic and mutually exclusive inter-relations between men are peaceful co-operation or coercive exploitation, production or predation, so the history of mankind, – particularly its economic history, may be considered as a contest between these two principles. On the one hand, there is creative productivity, peaceful exchange and cooperation; on the other, coercive dictation and predation over those social relations. - Murray Rothbard

The trouble with quotes on the internet is that it’s difficult to discern whether or not they are genuine. ― Abraham Lincoln


#17 Apollon

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Posté 28/12/2012 - 21:36

Si l'entreprise réalise un profit, c'est déjà que le salarié est payé. Dès lors pourquoi partager le profit avec lui ? Le principe du salaire, c'est qu'on a la sécurité de toucher sa paie, ni moins, ni plus.

 

A supposer même que le salarié touche un intéressement sur le profit, cet intéressement est aléatoire et dépend de faits dont il ne veut pas dépendre et de connaissances qu'il n'a pas envie d'avoir. Il est donc bien disposé à échanger cet intéressement inconstant contre un fixe plus faible, en un mot un salaire sans intéressement...

 

On peut pousser le raisonnement.

 

En dernière analyse, vouloir inclure les salariés dans l'intéressement, c'est vouloir les faire participer au risque dont ils n'ont pas la maîtrise. Une ruse du capitalisme, héhé


Pour les hommes politiques en revanche, on les croit plus occupés à tendre aux hommes des pièges qu'à les diriger pour le mieux, et on les juge rusés plutôt que sages. L'expérience en effet leur a enseigné qu'il y aura des vices aussi longtemps qu'il y aura des hommes ; ils s'appliquent donc à prévenir la malice humaine, et cela par des moyens dont une longue expérience a fait connaître l'efficacité, et que des hommes mus par la crainte plutôt que guidés par la raison ont coutume d'appliquer ; agissant en cela d'une façon qui paraît contraire à la religion, surtout aux théologiens. (Spinoza)

hyperboree-apollon.blogspot.com/

#18 Raoul.

Raoul.

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Posté 28/12/2012 - 21:36

Les travailleurs, accumulant du capital et faisant concurrence, pousseraient les revenu du capital à la baisse ?

La balance entre revenu du capital et revenu du travail s’équilibrerait ?

 

En fait, la possibilité pour un capitaliste de vivre de ses "rentes" et la part des capitalistes dans le revenu "social" sont deux choses différentes. L'importance sociale des capitalistes peut se réduire sans que leur taux de rémunération ne diminue. Böhm-Bawerk reprochait précisément à Bastiat de mélanger ces deux idées. 

 

In conclusion, I may note in passing that Bastiat has borrowed his practical law of interest from Carey: the law that with the increase of capital the absolute share obtained by the capitalist in the total product increases, and the relative share diminishes.21 In his attempts to prove this law—which from the point of view of theory are quite worthless—like Carey he carelessly confuses the conception of "percentage of total product" with the conception of "percentage on capital" (rate of interest).

 



#19 Cthulhu

Cthulhu

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Posté 29/12/2012 - 11:57

Je suis surpris que personne n'ait ajouté l'évidence suivante:
Il ne peut pas avoir que des rentiers en raison de la loi de l'offre et de la demande: S'il y a trop de capitaux sur le marché, leur rémunération baisse. Cette baisse entraîne une diminution de l'offre de capitaux et une augmentation de l'offre de travail. Et vice versa.

 

Je l'ai expliqué dans mon post, mais ce n'était peut-être pas très clair.


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#20 Raoul.

Raoul.

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Posté 29/12/2012 - 13:38

 Par la suite, d'autres investisseurs mettront également de l'argent dedans et les bénéfices du capital (i.e. le taux d'intérêt) va baisser mécaniquement.

 

Je suis surpris que personne n'ait ajouté l'évidence suivante:
Il ne peut pas avoir que des rentiers en raison de la loi de l'offre et de la demande: S'il y a trop de capitaux sur le marché, leur rémunération baisse. Cette baisse entraîne une diminution de l'offre de capitaux et une augmentation de l'offre de travail. Et vice versa.

 

Je l'ai expliqué dans mon post, mais ce n'était peut-être pas très clair.

 

C'est assez discuté, mais en principe la quantité de biens de capital présents sur le marché n'a pas de lien direct avec la rémunération des capitalistes (ou, plus exactement, la causalité ne s'exerce pas dans ce sens).

 

La quantité des biens de capital influe sur la valeur marchande de ceux-ci, et donc sur la rémunération brute des capitalistes. Cependant, leur rémunération nette (i.e., leur rémunération effective) dépend de la différence entre le prix d'achat et le prix de revente. Or, une augmentation du stock de capital exercera en principe une influence sur les deux termes de l'opération, de sorte que le différentiel ne changera pas (si plus de facteurs de production sont produits, leur valeur d'échange diminuera, mais la valeur des biens de consommation diminuera aussi, car ces derniers, grâce aux nouveaux facteurs de production, auront été produits en plus grande quantité).

 

En fin de compte, la rémunération des capitalistes (i.e., le taux d'intérêt) dépend plutôt du degré de préférence pour le présent, c'est-à-dire de la décote qu'il faut appliquer à un bien futur en raison du temps de préparation qui sera nécessaire pour que ce bien soit prêt à être consommé. Mais il n'y pas de consensus sur ce point. 




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