En même temps, tout ce qui peut taper sur le dos du libéralisme, ça fait généralement bander les gauchos. Or, les gauchos, ça prolifère, et même si d'habitude le gaucho est contre la surconsommation, il peut faire des exceptions pour acheter des bouquins qui vont dans le sens de ses utopies 
Justement, alors que les gauchistes seront facilement enclins à acheter un livre de Michéa (quitte à ne jamais le lire) parce que La richesse des nations est devenue une légende qu’ils haïssent autant qu’ils craignent, ils n’iront jamais acheter un livre sur Mises ou Rothbard, tout simplement parce qu’ils ne représentent rien pour eux, tant le microcosme autrichien est fermé sur lui-même (largement contre son gré, sans doute).
C’est d’ailleurs un sérieux problème. Faute d’élément critique extérieur qui viendrait identifier et raboter toutes les parties faibles de l’édifice autrichien, celui-ci est conduit à conserver des éléments vermoulus qu’il aurait probablement améliorés ou rejetés s’il était davantage soumis à la critique des pairs. La critique austro-autrichienne a beau être parfois très rude, elle ne remplace pas la critique vraiment « externe » .