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Traductions pour Contrepoints


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3930 réponses à ce sujet

#3921 Nick de Cusa

Nick de Cusa

    Idiot inutile

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  • 28819 messages
  • Ma référence:Matt Ridley
  • Tendance:Minarchiste

Posté 17/10/2014 - 19:31

Ah pardon. Génial, merci.


Qui se brule le cul doit s'asseoir sur les cloches. Vieux proverbe flamand.

"I refuse to join any club that would have me as a member." Marx.

"Just 'cos you got the power, that don't mean you got the right." Lemmy Kilminster
"People who say money doesn't make you happy just don't know where to go shopping." David Lee Roth.
"Pour être un politique, il faut avoir été opéré de la honte." Bernie Bonvoisin

"L'opposition, devenue traditionnelle, entre culture et technique, qui conduit à ne traiter l'objet technique que dans la dimension utilitaire de son intrumentalité est, comme le disait [Gilbert Simondon] "fausse et sans fondement" et "la plus forte cause d'aliénation dans le monde contemporain". Car, dans la mesure où la culture contemporaine méconnaît l'ordre technoscientifique -et justifie philosophiquement et glorifie médiatiquement cette méconnaissance- le sens qu'elle véhicule reste foncièrement archaïque, absolument inadapté à la réalité des sociétés modernes." Philippe Nemo et Jean Petitot.

#3922 Nick de Cusa

Nick de Cusa

    Idiot inutile

  • Bureau
  • 28819 messages
  • Ma référence:Matt Ridley
  • Tendance:Minarchiste

Posté 17/10/2014 - 20:19

Oui au traité de libre échange transatlantique. https://www.masterre...conomy-climate/


Qui se brule le cul doit s'asseoir sur les cloches. Vieux proverbe flamand.

"I refuse to join any club that would have me as a member." Marx.

"Just 'cos you got the power, that don't mean you got the right." Lemmy Kilminster
"People who say money doesn't make you happy just don't know where to go shopping." David Lee Roth.
"Pour être un politique, il faut avoir été opéré de la honte." Bernie Bonvoisin

"L'opposition, devenue traditionnelle, entre culture et technique, qui conduit à ne traiter l'objet technique que dans la dimension utilitaire de son intrumentalité est, comme le disait [Gilbert Simondon] "fausse et sans fondement" et "la plus forte cause d'aliénation dans le monde contemporain". Car, dans la mesure où la culture contemporaine méconnaît l'ordre technoscientifique -et justifie philosophiquement et glorifie médiatiquement cette méconnaissance- le sens qu'elle véhicule reste foncièrement archaïque, absolument inadapté à la réalité des sociétés modernes." Philippe Nemo et Jean Petitot.

#3923 Lucilio

Lucilio

    Barman

  • Bureau et modo
  • 32023 messages
  • Ma référence:Doris Day

Posté 20/10/2014 - 07:11

Proposition de traduction : Why Inequality Matters par Bill Gates, à propos de Piketty.


L'ennemi a plus peur que toi.

La liberté est l'absence de désir de dominer les autres.

Ne fais rien et tout sera fait.

X


#3924 Lexane

Lexane

    Virile

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Posté 20/10/2014 - 08:36

Proposition de traduction : Why Inequality Matters par Bill Gates, à propos de Piketty.

 

Je prends ! :)



#3925 Lexane

Lexane

    Virile

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Posté 21/10/2014 - 14:44

Besoin d'un coup de main pour la traduction, est-ce que quelqu'un qui a lu le bouquin de Piketty peut m'aider avec cette citation ? 

 

Piketty’s favorite solution is a progressive annual tax on capital, rather than income. He argues that this kind of tax “will make it possible to avoid an endless inegalitarian spiral while preserving competition and incentives for new instances of primitive accumulation.”


#3926 Rincevent

Rincevent

    Encyclopédie humaine

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  • Ma référence:Revel, Simonnot, Sowell
  • Tendance:Libéral classique

Posté 21/10/2014 - 14:57

"La solution que privilégie Piketty est un impôt progressif sur le capital plutôt que sur le revenu. Il avance qu'un impôt de cette sorte <<rendra impossible d'éviter une spirale inégalitaire tout en préservant la concurrence et les incitations à recommencer une accumulation primitive du capital".

Enfin à mon avis. J'imagine que, comme moi, tu butes sur ce que vient faire "competition" là-dedans.
Malgré une littérature aussi abondante que fervente sur la "distribution des revenus", le fait est que la plupart des revenus ne sont pas distribués, mais gagnés. (Sowell) - La politesse se doit, la confiance s'accorde, mais le respect se mérite. - The meaning of peace is the absence of opposition to socialism. (Marx) - Social is a weasel word which has acquired the power to empty the nouns it qualifies of their meaning. (Hayek) - Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir. (Tocqueville) - Dans tout ce qu'on nomme les excès de la liberté, je ne reconnais que l'éducation de la servitude. (Benjamin Constant)

Le monde repose sur le savoir, le travail et la libéralité ; il se maintient par la vérité, la justice et la coopération. (Adapté de I, 2 et 18) - Que les hommes d'Etat soient calmes, car, sans cela, les hommes s'entre-dévoreraient. (Adapté de III, 2) - Celui qui dirige mal son peuple ne pourra jamais expier son crime. (Adapté de V, 21) - Le vrai héros est celui qui sait faire d'un ennemi un ami. (A de R N, 23)

Comme bien d'autres libéraux, je suis passé de "L'individualisme, c'est cool" à "Le marché libre, ça marche", puis à "L'Etat qui planifie, c'est dangereux". (Robert Bradley, Jr)

#3927 Lexane

Lexane

    Virile

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Posté 21/10/2014 - 15:09

C'était la "primitive accumulation" qui me gênait, en fait. Je ne savais pas si c'était vraiment "une accumulation primitive", ce qui a assez peu de sens imo, ou un terme plus spécifique qu'il mentionnait dans son livre. Merci :D



#3928 Lexane

Lexane

    Virile

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  • 83 messages

Posté 21/10/2014 - 15:18

Des avis ?
 
De l'importance des inégalités
 
Un traité de 700 pages sur l'économie, traduit du français à l'anglais, n'est pas une lecture de plage particulièrement reposante, même pour quelqu'un de notoirement geek. Mais en juillet, je me suis senti obligé de lire Le Capital au XXIème siècle de Thomas Piketty, après avoir lu plusieurs avis sur l'ouvrage et entendu des amis en discuter.
 
Je suis content de l'avoir fait. Je vous encourage à le lire aussi, ou au moins un bon résumé comme celui-ci de The Economist. Piketty a eu la gentillesse de discuter de son travail avec moi sur Skype le mois dernier. Comme je lui ai dit, je suis d'accord avec ses conclusions les plus importantes, et j'espère que son travail poussera plus de personnes intelligentes à étudier la richesse et les inégalités de revenu, parce que plus on en sait sur leurs causes et leurs remèdes, mieux on s'en sortira. J'ai aussi dit que certains éléments de son analyse me gênaient, comme j'en parlerai ci-dessous.
 
Je suis entièrement d'accord avec Piketty sur les points suivants :
  • Des inégalités importantes sont un problème : elles gâchent les incentives économiques, poussent les démocraties à favoriser l'intérêt des puissances financières, et elles ne respectent pas l'idée que tous les hommes naissent égaux.
  • Le capitalisme ne tend pas de lui-même vers plus d'égalité - c'est-à-dire que les concentrations de richesse peuvent avoir un effet exponentiel si on ne les contrôle pas.
  • Les gouvernements peuvent jouer un rôle constructif dans l'évitement de ces amassements de richesses, si et quand elles décident d'agir.
Je préciserai dans un souci de clarté que quand je dis que les inégalités sont un problème, je ne sous-entends pas que le monde empire. Au contraire, grâce à l'émergence des classes moyennes dans des pays comme la Chine, le Mexique, la Colombie, le Brésil et la Thaïlande, le monde en général devient plus égalitaire, et cette tendance mondiale positive devrait continuer.
 
Mais les écarts extrêmes ne devraient pas être ignorés, ou pire encore, pris pour un signe que nous avons une économie performante et une société épanouie. Oui, des inégalités découlent nécessairement du capitalisme. Comme le dit Piketty, elles sont inhérentes au système. La question est plutôt de se demander quel niveau d'inégalité est acceptable, et quand l'inégalité commence à faire plus de mal que de bien. Voici ce dont nous devrions discuter, et je suis enchanté que Piketty ait participé au débat avec autant de bonne volonté.
 
Cependant, le livre de Piketty a des lacunes importantes, que j'espère voir traitées par lui-même et d'autres économistes dans les années à venir.
 
Malgré toutes ses données sur les tendances historiques, il ne donne pas une vue globale de la création et de la dépréciation des richesses. Au centre de son livre, une équation simple : r > g, avec r le retour sur les capitaux investis et g le taux de croissance de l'économie. L'idée globale est que quand les retours sur les capitaux dépassent les retours sur la main-d'oeuvre, l'écart des richesses augmentera entre les gens qui ont beaucoup de capital et ceux qui dépendent de leur travail. L'équation est si fondamentale pour Piketty qu'il la qualifie de "force fondamentale de la divergence" qui "résume la logique générale de [ses] conclusions".
 
D'autres économistes ont assemblé des bases de données historiques immenses, qui font douter de la valeur de r > g dans la compréhension de l'évolution des inégalités. Je ne suis pas un expert. Ce que je sais, par contre, c'est que le r > g de Piketty ne différencie pas les différents types de capitaux et d'utilités sociales de façon adéquate.
 
Imaginez trois personnes riches. Un homme investit son capital dans le développement de son entreprise. Ensuite, une femme donne la plupart de son capital à des associations humanitaires. Une troisième personne consomme surtout, dépensant beaucoup d'argent dans un yacht ou un avion. La richesse de ces trois personnes contribue à augmenter les inégalités, mais j'aurais tendance à penser que les deux premiers apportent plus à la société que le troisième. J'aurais aimé que Piketty fasse cette distinction, qui a des implications importantes dont je parlerai un peu plus loin.
 
Plus important encore, j'estime que l'analyse de Piketty ne prend pas en compte des forces puissantes qui empêchent l'accumulation des richesses d'une génération à une autre. Je supporte entièrement l'idée que nous ne voulons pas d'une société aristocrate dans laquelle les familles déjà aisées s'enrichissent simplement en se reposant sur leurs lauriers et en récupérant ce que Piketty appelle leur rente, c'est-à-dire, ce qu'ils gagnent en laissant d'autres personnes utiliser leur argent, leurs terres et leurs autres biens. Je ne pense cependant pas que l'Amérique suive ce modèle.
 
Jetez un coup d'oeil à la liste Forbes des 400 Américains les plus riches. La moitié environ des personnes sur cette liste sont des entrepreneurs dont les entreprises ont très bien performé, grâce à beaucoup de travail et de chance. Contrairement à l'hypothèse rentière de Piketty, je ne vois personne dont les ancêtres ont acheté une grande étendue de terres en 1780 puis accumulé les rentes. Aux États-Unis, ce vieil argent a disparu depuis longtemps en raison de l'instabilité financière, de l'inflation, des taxes, de la philanthropie et de la consommation.
 
On peut voir une dynamique de déplétion des richesses dans l'histoire des industries populaires. Dans la première partie du vingtième siècle, Henry Ford et quelques autres entrepreneurs s'en sortaient très bien dans l'industrie automobile. Ils étaient propriétaires d'une grande part des actions des entreprises automobiles qui arrivaient à capitaliser sur les économies d'échelle et une rentabilité très élevée. Ces entrepreneurs qui réussissaient sont l'exception. Bien plus de personnes, incluant bien des rentiers qui avaient investi leurs richesses dans l'industrie auto, ont vu leurs investissements disparaître entre 1910 et 1940, quand l'industrie américaine est passée de 224 à 21 constructeurs. Plutôt qu'un transfert de richesses vers les rentiers et d'autres investisseurs passifs, on voit donc souvent le contraire. J'ai remarqué le même phénomène au travail, que ce soit dans la technologie ou d'autres domaines.
 
Piketty a raison en affirmant qu'il y a des forces qui peuvent mener vers une croissance exponentielle des richesses, incluant le fait que les enfants des personnes les plus riches ont souvent accès à des réseaux qui les aideront à trouver des stages, des emplois, etc. Cependant, d'autres forces mènent à la déplétion de ces richesses, et le Capital ne leur donne pas assez de poids.
 
Je suis également déçu que Piketty se soit clairement conentré sur les revenus et la richesse en négligeant complètement la consommation. Les données de consommation représentent les biens et services achetés, incluant la nourriture, l'habillement, le logement, l'éducation ou la santé, et peuvent ajouter beaucoup à notre compréhension du mode de vie de chacun. En particulier dans les sociétés riches, le point de vue du revenu ne donne pas assez d'informations sur ce qu'il faut améliorer.
 
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles les données de revenu, en particulier, peuvent prêter à l'erreur. Par exemple, un étudiant en médecine sans revenus et avec un important prêt pour financer ses études serait dans une situation très difficile selon les statistiques, alors que son salaire sera peut-être très élevé quelques années plus tard. Un exemple plus extrême : quelques personnes extrêmement riches apparaîtront comme pauvres si elles ne reçoivent plus de dividendes ou de revenus.
 
Je ne dis pas que nous devrions ignorer la richesse et le revenu. Mais les données de consommation pourraient être bien plus importantes pour comprendre le bien-être humain. Elles montrent une situation différente - et généralement plus positive - de ce que Piketty décrit. Dans l'idéal, j'aimerais voir des études qui s'appuient à la fois sur la richesse, le revenu et la consommation.
 
Même si on ne peut pas avoir un paysage parfait aujourd'hui, on en sait déjà bien assez sur les défis qu'il faut relever.
 
La solution favorite de Piketty est une taxe annuelle progressive sur le capital plutôt que sur le revenu. Il affirme que ce genre de taxe "rendra impossible d'éviter une spirale inégalitaire tout en préservant la concurrence et les incitations à recommencer une accumulation primitive du capital".
 
Je suis d'accord avec le fait que l'imposition ne devrait pas se faire sur le travail accompli. Il est complètement illogique que le travail soit autant taxé aux États-Unis, surtout comparé au capital. Cette situation sera encore plus absurde dans les années à venir, alors que les robots et d'autres mécanismes automatiques pourront effectuer de plus en plus de tâches que les employés humains font aujourd'hui.
 
Mais plutôt que de déplacer les impôts vers le capital, comme Piketty aimerait, j'aimerais que ce soit la consommation qui soit soumise à une taxe progressive. Prenons l'exemple des trois personnes dont j'ai parlé plus tôt : une qui investit dans des entreprises, une qui donne à des causes humanitaires, une qui vit très confortablement. Il n'y a rien de mal à être la troisième personne, mais j'estime qu'elle devrait payer plus d'impôts que les deux autres. Comme le soulignait Piketty lorsque nous discutions, il est difficile de mesurer la consommation : par exemple, les donations politiques devraient-elles compter ? D'un autre côté, presque tous les systèmes d'impôts, incluant l'impôt sur le capital, rencontre des difficultés similaires.
 
Tout comme Piketty, je mets également beaucoup d'espoir dans la taxe de succession. Laisser les héritiers consommer ou redistribuer du capital de façon disproportionnée seulement parce qu'ils sont nés dans la bonne famille est une façon d'allouer les ressources qui n'est ni intelligente, ni juste. Comme se plaît à le répéter Warren Buffett, c'est comme "choisir l'équipe olympique de natation pour 2020 en prenant les fils aînés des médaillés de 2000". J'estime qu'on devrait maintenir les impôts de succession et investir les recettes dans l'éducation et la recherche, le meilleur moyen de renforcer notre pays dans le futur.
 
La philanthropie peut aussi être une solution privilégiée. Il est dommage que Piketty lui accorde aussi peu de place. Il y a un peu plus d'un siècle, Andrew Carnegie était le seul à encourager ses proches aisés à donner d'importantes parts de leur fortune. Aujourd'hui, un nombre croissant de très riches choisit de le faire. La philanthropie bien fait ne crée pas seulement directement des bénéfices concrets pour la société, elle réduit de plus la richesse familiale. Melinda et moi sommes convaincus que la richesse "de dynastie" est mauvaise pour la société comme pour les enfants. Nous voulons que nos enfants se créent eux-même une place dans le monde. Ils auront toutes sortes d'avantages, mais ce sera à eux de construire leur vie et leur carrière.
 
Le débat au sujet de la richesse et des inégalités a déchaîné les passions de tous les côtés. Je n'ai pas de solution magique à proposer. Je sais par contre que, même avec ses défauts, le travail de Piketty apporte une nouvelle réflexion. Et maintenant, je suis impatient de découvrir de la recherche qui étudiera mieux encore ce sujet important.

 



#3929 Dardanus

Dardanus

    Historien

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  • Ma référence:Mises
  • Tendance:Libéral de gauche

Posté 21/10/2014 - 16:17

 

Des avis ?
 
De l'importance des inégalités
 
Un traité de 700 pages sur l'économie, traduit du français à l'anglais, n'est pas une lecture de plage particulièrement reposante, même pour quelqu'un de notoirement geek. Mais en juillet, je me suis senti obligé de lire Le Capital au XXIème siècle de Thomas Piketty, après avoir lu plusieurs avis sur l'ouvrage et entendu des amis en discuter.
 
Je suis content de l'avoir fait. Je vous encourage à le lire aussi, ou au moins un bon résumé comme celui-ci de The Economist. Piketty a eu la gentillesse de discuter de son travail avec moi sur Skype le mois dernier. Comme je lui ai dit, je suis d'accord avec ses conclusions les plus importantes, et j'espère que son travail poussera plus de personnes intelligentes à étudier la richesse et les inégalités de revenu, parce que plus on en sait saura sur leurs causes et leurs remèdes, mieux on s'en sortira. J'ai aussi dit que certains éléments de son analyse me gênaient, comme j'en parlerai je le développerai ci-dessous.
 
Je suis entièrement d'accord avec Piketty sur les points suivants :
  • Des inégalités importantes sont un problème : elles gâchent les incentives économiques, poussent les démocraties à favoriser l'intérêt des puissances financières, et elles ne respectent pas l'idée que tous les hommes naissent égaux.
  • Le capitalisme ne tend pas de lui-même vers plus d'égalité - c'est-à-dire que les concentrations de richesse peuvent avoir un effet exponentiel si on ne les contrôle pas.
  • Les gouvernements peuvent jouer un rôle constructif dans l'évitement de ces amassements pour éviter ces accumulations de richesses, si et quand elles décident d'agir.
Je préciserai dans un souci de clarté que quand je dis que les inégalités sont un problème, je ne sous-entends pas que le monde empire. Au contraire, grâce à l'émergence des classes moyennes dans des pays comme la Chine, le Mexique, la Colombie, le Brésil et la Thaïlande, le monde en général devient plus égalitaire, et cette tendance mondiale positive devrait continuer.
 
Mais les écarts extrêmes ne devraient pas être ignorés, ou pire encore, pris pour un signe que nous avons une économie performante et une société épanouie. Oui, des inégalités découlent nécessairement du capitalisme. Comme le dit Piketty, elles sont inhérentes au système. La question est plutôt de se demander quel niveau d'inégalité est acceptable, et quand l'inégalité commence à faire plus de mal que de bien. Voici ce dont nous devrions discuter, et je suis enchanté que Piketty ait participé au débat avec autant de bonne volonté.
 
Cependant, le livre de Piketty a des lacunes importantes, que j'espère voir traitées par lui-même et d'autres économistes dans les années à venir.
 
Malgré toutes ses données sur les tendances historiques, il ne donne pas une vue globale de la création et de la dépréciation des richesses. Au centre de son livre, une équation simple : r > g, avec r le retour sur les capitaux investis et g le taux de croissance de l'économie. L'idée globale est que quand les retours sur les capitaux dépassent les retours sur la main-d'oeuvre, l'écart des richesses augmentera entre les gens qui ont beaucoup de capital et ceux qui dépendent de leur travail. L'équation est si fondamentale pour Piketty qu'il la qualifie de "force fondamentale de la divergence" qui "résume la logique générale de [ses] conclusions".
 
D'autres économistes ont assemblé des bases de données historiques immenses, qui font douter de la valeur de r > g dans la compréhension de l'évolution des inégalités. Je ne suis pas un expert. Ce que je sais, par contre, c'est que le r > g de Piketty ne différencie pas les différents types de capitaux et d'utilités sociales de façon adéquate.
 
Imaginez trois personnes riches. Un homme investit son capital dans le développement de son entreprise. Ensuite, une femme donne la plupart de son capital à des associations humanitaires. Une troisième personne consomme surtout, dépensant beaucoup d'argent dans un yacht ou un avion. La richesse de ces trois personnes contribue à augmenter les inégalités, mais j'aurais tendance à penser que les deux premiers apportent plus à la société que le troisième. J'aurais aimé que Piketty fasse cette distinction, qui a des implications importantes dont je parlerai un peu plus loin.
 
Plus important encore, j'estime que l'analyse de Piketty ne prend pas en compte des forces puissantes qui empêchent l'accumulation des richesses d'une génération à une autre. Je supporte J'approuve entièrement l'idée que nous ne voulons pas d'une société aristocratique dans laquelle les familles déjà aisées s'enrichissent simplement en se reposant sur leurs lauriers et en récupérant ce que Piketty appelle leur rente, c'est-à-dire, ce qu'ils gagnent en laissant d'autres personnes utiliser leur argent, leurs terres et leurs autres biens. Je ne crois pas pourtant que l'Amérique suive ce modèle.
 
Jetez un coup d'oeil à la liste Forbes des 400 Américains les plus riches. La moitié environ des personnes sur cette liste sont des entrepreneurs dont les entreprises ont très bien performés réussis, grâce à beaucoup de travail et de chance. Contrairement à l'hypothèse rentière de Piketty, je ne vois personne dont les ancêtres ont acheté une grande étendue de terres en 1780 puis accumulé les rentes. Aux États-Unis, ce vieil argent a disparu depuis longtemps en raison de l'instabilité financière, de l'inflation, des taxes, de la philanthropie et de la consommation.
 
On peut voir une dynamique de déplétion diminution des richesses dans l'histoire des industries populaires. Dans la première partie du vingtième siècle, Henry Ford et quelques autres entrepreneurs s'en sortaient très bien dans l'industrie automobile. Ils étaient propriétaires d'une grande partie des actions des entreprises automobiles qui arrivaient à capitaliser sur les économies d'échelle et une rentabilité très élevée. Ces entrepreneurs qui réussissaient sont l'exception. Bien plus Un plus grand nombre de personnes, incluant bien des rentiers qui avaient investi leurs richesses capitaux dans l'industrie auto la construction automobile, ont vu leurs investissements disparaître entre 1910 et 1940, quand le nombre de constructeurs américains est passé de 224 à 21. Plutôt qu'un transfert de richesses vers les rentiers et d'autres investisseurs passifs, on voit donc souvent le contraire. J'ai remarqué le même phénomène au travail, que ce soit dans la technologie ou d'autres domaines.
 
Piketty a raison en affirmant qu'il y a des forces qui peuvent mener vers une croissance exponentielle des richesses, incluant le fait que les enfants des personnes les plus riches ont souvent accès à des réseaux qui les aideront à trouver des stages, des emplois, etc. Cependant, d'autres forces mènent à la déplétion diminution de ces richesses, et le Capital ne leur donne pas assez de poids.
 
Je suis également déçu que Piketty se soit clairement concentré sur les revenus et la richesse en négligeant complètement la consommation. Les données de consommation représentent les biens et services achetés, incluant la nourriture, l'habillement, le logement, l'éducation ou la santé, et peuvent ajouter beaucoup à notre compréhension du mode de vie de chacun. En particulier dans les sociétés riches développées, l'approche par le revenu ne donne pas assez d'informations sur ce qu'il faut améliorer.
 
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles les données de revenu, en particulier, peuvent prêter à l'erreur. Par exemple, un étudiant en médecine sans revenus et avec un important prêt pour financer ses études serait dans une situation très difficile selon les statistiques, alors que son salaire sera peut-être très élevé quelques années plus tard. Un exemple plus extrême : quelques personnes extrêmement riches apparaîtront comme pauvres si elles ne reçoivent plus de dividendes ou de revenus.
 
Je ne dis pas que nous devrions ignorer la richesse et le revenu. Mais les données de consommation pourraient être bien plus importantes pour comprendre le bien-être humain. Elles montrent une situation différente - et généralement plus positive - de ce que Piketty décrit. Dans l'idéal, j'aimerais voir des études qui s'appuient à la fois sur la richesse, le revenu et la consommation.
 
Même si on ne peut pas avoir un paysage parfait aujourd'hui, on en sait déjà bien assez sur les défis qu'il faut relever.
 
La solution favorite de Piketty est une taxe annuelle progressive sur le capital plutôt que sur le revenu. Il affirme que ce genre de taxe "rendra impossible d'éviter une spirale inégalitaire tout en préservant la concurrence et les incitations à recommencer une accumulation primitive du capital".
 
Je suis d'accord avec le fait que l'imposition ne devrait pas se faire sur le travail accompli. Il est complètement illogique que le travail soit autant taxé aux États-Unis, surtout comparé au capital. Cette situation sera encore plus absurde dans les années à venir, alors que les robots et d'autres mécanismes automatiques pourront effectuer de plus en plus de tâches que les employés humains font aujourd'hui.
 
Mais plutôt que de déplacer les impôts vers le capital, comme le souhaite Piketty aimerait, j'aimerais que ce soit la consommation qui soit soumise à une taxe progressive. Prenons l'exemple des trois personnes dont j'ai parlé plus tôt : une qui investit dans des entreprises, une qui donne à des causes humanitaires, une qui vit très confortablement. Il n'y a rien de mal à être la troisième personne, mais j'estime qu'elle devrait payer plus d'impôts que les deux autres. Comme le soulignait Piketty lorsque nous discutions, il est difficile de mesurer la consommation : par exemple, les donations politiques devraient-elles compter ? D'un autre côté, presque tous les systèmes d'impôts, incluant l'impôt sur le capital, rencontre des difficultés similaires.
 
Tout comme Piketty, je mets également beaucoup d'espoir dans la taxe de succession. Laisser les héritiers consommer ou redistribuer du capital de façon disproportionnée seulement parce qu'ils sont nés dans la bonne famille est une façon d'allouer les ressources qui n'est ni intelligente, ni juste. Comme se plaît à le répéter Warren Buffett, c'est comme "choisir l'équipe olympique de natation pour 2020 en prenant les fils aînés des médaillés de 2000". J'estime qu'on devrait maintenir les impôts de succession et investir les recettes dans l'éducation et la recherche, le meilleur moyen de renforcer notre pays dans le futur.
 
La philanthropie peut aussi être une solution privilégiée. Il est dommage que Piketty lui accorde aussi peu de place. Il y a un peu plus d'un siècle, Andrew Carnegie était le seul à encourager ses proches aisés à donner d'importantes parts de leur fortune. Aujourd'hui, un nombre croissant de très riches choisit de le faire. La philanthropie bien faite ne crée pas seulement directement des bénéfices concrets pour la société, elle réduit de plus la richesse familiale. Melinda et moi sommes convaincus que la richesse "de dynastie" est mauvaise pour la société comme pour les enfants. Nous voulons que nos enfants se créent eux-même une place dans le monde. Ils auront toutes sortes d'avantages, mais ce sera à eux de construire leur vie et leur carrière.
 
Le débat au sujet de la richesse et des inégalités a déchaîné les passions de tous les côtés. Je n'ai pas de solution magique à proposer. Je sais par contre que, même avec ses défauts, le travail de Piketty apporte une nouvelle réflexion. Et maintenant, je suis impatient de découvrir de la recherche d'autre travaux qui étudieraient mieux encore ce sujet important.

 

 


Le goût des fonctions publiques et le désir de vivre de l'impôt n'est point chez nous une maladie particulière à un parti, c'est la grande et permanente infirmité de la nation elle-même. Tocqueville

L’esprit humain est facilement troublé, mais ne devient que difficilement limpide, tout comme l’eau du bassin. Huainan Zi

S’il y avait moins de compassion dans le monde, il y aurait moins de problèmes dans le monde. Oscar Wilde

Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaiement que quand on le fait par conscience. Pascal

Un chien n’est pas un bon chien parce qu’il aboie bien ; un homme n’est pas un sage parce qu’il parle bien. Zhuang Zi

#3930 Lexane

Lexane

    Virile

  • Nouveau
  • 83 messages

Posté 21/10/2014 - 16:43

Merci beaucoup :D



#3931 PABerryer

PABerryer

    Commis aux écritures

  • Membre Adhérent
  • 3197 messages
  • Ma référence:Edmund Burke
  • Tendance:Libéral conservateur

Posté 22/10/2014 - 12:53

Je veux bien faire des traductions d'articles en anglais. 


« Il suffit que les hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe. » Edmund Burke
« Abstract liberty, like other mere abstractions, is not to be found. » Edmund Burke

"La politique n'est pas l'art du possible mais de rendre possible ce qui est nécessaire" Richelieu

« La meilleure chance de bonheur que le monde ait jamais entrevue a été gâchée parce que la passion de l'égalité a détruit l'espoir de la liberté. » Lord Acton

"Le jour où la France coupa la tête à son roi, elle commit un suicide. " Ernest Renan

« D'après tous les principes de la morale la plus universelle, le fait d'exiger de certains citoyens un impôt qui ne soit pas pensé et calculé comme le paiement de services rendus par l'État – le fait, donc, de prendre à certains hommes le fruit de leur travail et de leur propriété sans contrepartie – s'appelle un vol. » Philippe Nemo

« A force de murmurer le nom du Roy, naîtront l'espoir du Roy, puis la nécessité du Roy, enfin la Royauté renaîtra. » Talleyrand


"Le principe royal ne repose pas sur la foi que l'on a ou que l'on n'a pas en lui. Il importe peu que l'on y croie ou que l'on y croie plus, et que les incrédules soient innombrables. Cela ne peut peser. Dieu est Dieu, et le roi est le roi." Jean Raspail


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