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Comment créer son parti politique en dix leçons


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#1 Normous

Normous

    Plumitif

  • Utilisateur
  • 779 messages

Posté 18/08/2009 - 00:07

Voici un petit texte destiné à un public étudiant d'une grande business school française.
Je le poste ici car finalement il n'a pas été publié.

A noter que dans beaucoup de cas on pourrait remplacer gauche par droite.

Comment créer son parti politique de gauche en 10 leçons

Leçon 1 : le nom
L’idée : prendre un nom le plus à gauche possible. Ne pas oublier qu’en France tous les partis politiques ont un tropisme de gauche dans leur nom depuis 1945. Le Rassemblement des Gauches Républicaines (1946 à 1951) n’a bien été qu’une coalition de petits partis de droite !
Version feu-LCR : 100% à gauche, pas de risque au moins.

Leçon 2 : les dirigeants

L’idée : au nom de la démocratie interne et participative, il faut laisser tout le monde s’exprimer. Ne pas hésiter à passer beaucoup de temps à trouver un ou une dirigeante, même si les différences sont minimes entre les personnes, quitte à se ridiculiser aux yeux de l’opinion et perdre quelques élections.
Version PS : il y a autant de courants que d’adhérents. L’avantage, c’est que chacun a un courant à son nom : royaliste, aubryiste, fabusien, hollandais, jospiniste…
Version PC : éviter de changer de chef entre chaque élection présidentielle, ce qui divise mécaniquement le score par deux !

Leçon 3 : l’économie

L’idée : critiquer sans modération l’économie de marché, fustiger les patrons voyous aux gros cigares et à monocle, et promettre que l’Etat ne laissera tomber personne. Garder en tête le fait que le gouvernement Jospin (1997 – 2002) est celui qui a privatisé le plus avec 210 milliards de Francs, loin devant le gouvernement socialiste d’Edouard Balladur (114 milliards de Francs)
Version feu-LCR : nos vies valent plus que leurs profits.

Leçon 4 : le sociétal

L’idée : défendre une république laïque et démocratique. Rappeler son attachement à la France éternelle, patrie des Droits de l’Homme, et nation esclavagiste repentie depuis 1848. Laisser tomber les « quelques » avancées sociales de la droite : droit de vote des femmes en 1944, droit à l’avortement et majorité à 18 ans en 1974.
Version PS : Le grand parti qui a aboli la peine de mort en 1981, même si la France a été pendant longtemps le dernier pays d’Europe occidentale à l’utiliser.

Leçon 5 : la « diversité »

L’idée : la parité, mère de toutes les vertus. Lutter contre les discriminations et souligner que la France a toujours été une terre d’asile (Pol Pot, Cesare Battisti, Carlos).
Version Verts : se féliciter du fait que l’on est le parti qui présente le plus de candidats issus de la diversité, même si au fond, personne ne sait ce que cela signifie vraiment.

Leçon 6 : l’identité nationale
L’idée : ancien sujet tabou, autrefois réservée à la frange la plus dure de la droite « fascisante ». Se décomplexer désormais, et exprimer comme Ségolène Royal son amour pour le drapeau et la patrie, cela ramènera peut-être quelques brebis égarées du FN.
Version MRC : on avait raison sur ce point, on vous l’avait bien dit !

Leçon 7 : l’Europe
L’idée : un seul avis (Non à l’Europe ultralibérale, oui à l’Europe sociale), mais deux réponses au projet de constitution pourtant (Oui et Non). Toujours s’opposer à ce que pense l’UMP. En cas d’accord, s’abstenir de voter.
Version PS : s’efforcer d’expliquer aux Français, que le « Non » au traité constitutionnel provient de divergences sur la nature même du texte et non de querelles partisanes, qui sont toujours l’apanage de la droite.

Leçon 8 : l’environnement

L’idée : faire taire les « irréductibles Gaulois » qui ne voient pas le lien évident entre réchauffement climatique et capitalisme financier débridé, voire même des bridés, avec la Chine qui refuse de signer le Protocole de Kyoto.
Version Verts : le nucléaire est le mal absolu, il pollue, émet plus de CO2 que le charbon, et fait pousser un troisième bras sur le torse des enfants, comme les OGM d’ailleurs.
Version PS : les convictions c’est bien, les résultats électoraux c’est mieux. Tenter de draguer le vote chasseur comme après les élections européennes de 1999.

Leçon 9 : les mots
L’idée : privilégier les termes « incivilités », « insécurité », « gardien de la paix », « espace carcéral », « victime de la société », « demandeur d’emploi », « exclusion », « black » et « personne à mobilité réduite » à ceux beaucoup moins sexys de « crimes », « criminalité », « policier », « prison », « délinquants », « chômeur », « pauvreté », « noir » et « invalide ».
Version Les Alternatifs : ne pas oublier que tous les mots masculins en français peuvent s’accorder au féminin (et non pas l’inverse), et ce pour respecter l’égalité femme/homme.

Leçon 10 : entrer au gouvernement
L’idée : puisqu’en général, il y a environ trois fois plus de candidats de gauche que de droite aux élections, ce n’est bien sûr pas cette voie qu’il faut privilégier pour entrer au gouvernement. La solution la plus simple reste celle de faire parti d’un gouvernement de droite au nom de l’ouverture (Toujours à sa gauche bien sûr).
Version NPA : les élections se gagnent surtout dans la rue et non pas dans les urnes.


Maxime